Le contexte climatique exclu de la synthèse culturelle du Paléolithique supérieur qui vient d'être faite mérite à lui seul un chapitre. L'ère géologique quaternaire qui voit le développement du genre humain est indissociable du facteur climatique primordial que sont les glaciations. La date du début du quaternaire a été fixée par les géologues vers 1,8 million d'années d'après deux critères : la polarité magnétique terrestre et l'évolution de la faune marine.

 

Le phénomène des glaciations a concerné la planète entière avec une succession de périodes froides et de périodes tempérées aux hautes et moyennes latitudes et des périodes sèches puis humides aux basses latitudes. En ce qui concerne l'Europe occidentale pendant le Paléolithique supérieur, l'inlandsis couvrait toute la Scandinavie, la Mer du Nord et une partie de la Grande-Bretagne. Le glacier alpin descendait jusqu'à Lyon il y a 20000 ans. La chronologie adoptée pour dater les glaciations quaternaires est traditionnellement alpine mais ne peut avoir qu'une valeur régionale. Les phénomènes climatiques mondiaux sont complexes et doivent être analysés dans leurs contextes latitudinaux. La dernière glaciation qui a vu l'épanouissement des cultures du Paléolithique supérieur porte le nom de Würm, l'un des affluents alpins du Danube. Ces phénomènes de variations climatiques au cours du Paléolithique supérieur ont eu des conséquences importantes sur les faciès géologiques et écologiques. Ainsi, au plus fort de la glaciation, la mer était de cent mètres inférieure au niveau actuel et la France s'étendait plus à l'ouest en étant reliée à l'Angleterre. Le schéma qui suit indique les interstades tempérés et les stades glaciaires qui se sont succédés au Paléolithique supérieur.

 

Courbe climatique du paléolithique supérieur

 

L'évolution de la faune et de la flore a également accompagné les fluctuations climatiques du Paléolithique supérieur. Les périodes froides étaient marquées par un paysage de toundra où vivaient rennes, mammouths, rhinocéros laineux, renards polaires, bœufs musqués, bouquetins, chamois, marmottes... Les périodes tempérées gagnaient en humidité et permettaient à la forêt de s'étendre sur les plateaux où l'on pouvait rencontrer des lions, des hyènes, des éléphants, des bisons, des cerfs, des élans...

 

Le Paléolithique supérieur a connu de nombreuses espèces animales qui se partageaient les zones écologiques de l'Europe occidentale. Le réchauffement général de la planète à partir de 10 000 avant Jésus-Christ a entraîné une évolution des espèces animales, soit par migration (rennes, bisons...), soit par disparition (mammouths, rhinocéros laineux). La faune forestière (cerfs, chevaux, sangliers...) s'installe alors sur les territoires qu'occuperont les derniers chasseurs aziliens puis mésolithiques.